Zazie présente « Volatil », un album sur une époque instable
Sur France Inter, Zazie présente son album « Volatil » comme une ordonnance, revient sur la chanson « Y’a plus d’saisons » et sur une enfance sans télévision.
Zazie revient avec « Volatil », un album qu’elle a détaillé le 10 octobre 2026 sur France Inter, en résumant son regard d’une phrase : « le monde est instable et nous, on est fragiles ».
En bref
- Zazie a présenté son nouvel album, « Volatil », le 10 octobre 2026 sur France Inter.
- Elle compare le disque à une ordonnance, au sens médical comme au sens d’un éloignement imposé.
- Dans « Y’a plus d’saisons », elle évoque l’horreur subie par Gisèle Pelicot, puis le dérèglement climatique.
- Elle relie son goût de l’écriture à une enfance sans télévision et à un imaginaire très développé.
Un titre sans « e » final, un disque sans leçon
Le titre de l’album s’écrit sans « e » final, un clin d’œil à la chimie selon la présentation de l’émission. Toujours selon cette présentation, le disque sonde les failles d’une période qui ne cesse de bouger. La chanteuse refuse pourtant d’y voir une matière uniquement sombre. « Il y a du mouvement, donc ce n’est pas complètement mauvais », nuance-t-elle.
Elle tient aussi à une posture : ne pas faire la morale. Elle ne prétend pas non plus livrer de solutions toutes faites. À ses yeux, formuler une question avec honnêteté constitue déjà une part de la réponse.
Son travail d’autrice passe par un jeu avec les codes de l’écriture. La langue française, explique-t-elle, autorise un « je » qui n’a pas forcément été vécu, sans renoncer pour autant à une forme d’honnêteté envers ceux qui l’écoutent.
De l’emprise au climat, une même chanson
Au-delà des mots d’ordre politiques, ce qui retient son attention tient en trois notions : vivre ensemble, la peine que l’on a à respecter autrui, et l’altérité. Ce fil se lit nettement dans « Y’a plus d’saisons », l’un des morceaux sur lesquels elle s’est attardée.

Le point de départ est brutal. Zazie part de l’horreur subie par Gisèle Pelicot, puis de « l’homme et le sauvage en lui », pour finir sur la nature que ce même homme maltraite. Son idée était de rapprocher ce qui est « contre nature » de la nature elle-même, avec une interrogation de méthode : « comment parler de la barbarie avec une sorte d’esthétique ». Pour y répondre, elle emprunte le détour de la littérature et de la réflexion. La chanson décrit d’abord l’emprise, cette mécanique insidieuse qu’elle compare à « une fuite d’où on ne sait pas trop par où elle passe », avant de basculer vers le dérèglement du climat.
Le calendrier ajoute un relief particulier. Le texte était bouclé avant ce que la chanteuse nomme « cet été extrêmement traumatisant », secoué par des pluies diluviennes, des vagues de chaleur et des feux. Pour le parallèle avec le climat, elle reprend une vieille formule : « après nous le déluge. Ben là le déluge il est là ».
Une enfance à contretemps, berceau de l’écriture
Pour expliquer d’où vient ce besoin d’écrire, Zazie remonte à l’école. À la maison, il n’y avait pas de télévision. Dans la cour, cela la coupait des discussions des autres enfants, nourries des programmes de la veille. S’y ajoutait un décalage d’âge : après avoir sauté des classes, elle avait un an et demi d’avance sur ses camarades.
« Beaucoup, beaucoup d’échecs et de tristesse même, une forme de harcèlement, et puis de l’autre un imaginaire complètement débridé. »
Zazie, chanteuse
Cette enfance à deux faces, entre revers scolaires, harcèlement et traumatismes d’un côté, monde intérieur foisonnant de l’autre, elle la relie directement à ses premiers textes. Privée d’écran, disposant de temps libre, elle s’est réfugiée dans l’imaginaire, et c’est là que l’écriture a pris racine.
L’entretien, diffusé dans l’émission « Les ailes de géant » de France Inter, ne s’arrête pas là : sa seconde partie, accessible dans le podcast, revient sur les injonctions sexistes que la chanteuse a dû affronter à ses débuts.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Guy Delsaut. Licence : CC BY-SA 4.0.