Angèle confie Instinct à d’autres producteurs, une première dans sa carrière

Six mois de démos en solitaire, des sessions à New York, puis des invités comme Justice et Soulwax : Angèle et Tristan Salvati racontent la fabrique d’Instinct.

Maëva Payet Par Maëva Payet
3 min de lecture
Angèle confie Instinct à d’autres producteurs, une première dans sa carrière
Un homme avec casque et micro dans un studio d’enregistrement, à côté d’une console de mixage et d’un magnétophone à bobines.

En bref

  • Instinct est le troisième album d’Angèle, produit avec Tristan Salvati dans leur studio parisien près de Pigalle.
  • Le processus s’est déroulé en trois phases : démos en solitaire, studio à deux, puis ouverture à d’autres producteurs.
  • Pour la première fois de sa carrière, Angèle a laissé des intervenants extérieurs entrer dans sa création.
  • L’enregistrement aux studios Electric Lady, à New York, a marqué l’identité du disque.

Pour Instinct, son troisième album, Angèle a bousculé sa méthode : elle a d’abord travaillé seule pendant plus de six mois, puis en tandem avec Tristan Salvati, avant d’accueillir des producteurs extérieurs, une première dans sa carrière. Dans l’émission de France Inter du vendredi 16 octobre 2026, le duo a ouvert les portes de son studio pour raconter cette genèse.

Une rencontre née sur Instagram

Tristan Salvati, réalisateur et multi-instrumentiste, est le collaborateur de toujours d’Angèle. Leur histoire commence avant le succès de Brol, le premier album : elle avait alors 21 ans, jouait dans des bars bruxellois et publiait des reprises sur Instagram. Une photo, où elle pose avec des spaghettis sur la tête, légendée « Prépare un album qui va te faire danser », a retenu l’attention du producteur.

Ce n’est pas la musique seule qui l’a convaincu. « C’est vraiment son image, et pas uniquement sa musique qui m’a interpellé, on parle plus d’aura que de la proposition », explique Tristan Salvati. Il a contacté la manageuse d’Angèle, Sylvie Farme, après avoir croisé Claire Laffut et la photographe Charlotte Abramof.

Le premier rendez-vous s’est tenu au café Belga, place Flagey à Bruxelles. Angèle en garde un souvenir mouvementé : « La rencontre est tellement chaotique. » Une semaine plus tard, à Paris, ils ont travaillé sur la production de « Je veux tes yeux ». Elle raconte : « En cinq minutes, il prend une ampleur et on commence à vraiment capter que nos cerveaux sont sur la même longueur d’onde ».

Jeune femme avec un casque audio travaillant sur un ordinateur portable, assise près d’un palmier en pot dans une pièce claire.
Une jeune femme portant un casque audio travaille sur un ordinateur portable dans une pièce lumineuse, à côté d’une plante verte. Photo : Anna Shvets / Pexels

Une pop plus radicale, d’abord en solitaire

Pour Instinct, Angèle dit avoir voulu s’affranchir des règles établies et explorer une pop plus radicale, parfois dissonante. Le processus s’est étiré dans le temps et organisé en trois phases.

Après sa tournée, elle s’est isolée en voyage avec un ordinateur et du matériel de composition. Pendant plus de six mois, elle a façonné des démos qu’elle soumettait régulièrement à Tristan Salvati. Celui-ci a joué le rôle d’un coach et d’un premier filtre. Doté de l’oreille absolue, il l’a orientée vers d’autres structures, en lui suggérant par exemple de transformer le morceau pop « On verra » en version piano-voix.

Trois phases, de Pigalle à la Suède

  1. L’incubation en solitaire : voyage, démos et échanges réguliers avec Tristan Salvati.
  2. Le travail à deux : le duo quitte son studio habituel pour d’autres villes, notamment New York.
  3. L’ouverture à des intervenants extérieurs, pour la première fois de la carrière d’Angèle.
Lieu ou invité Ce que le duo y a fait
Justice Accueil en studio pour écouter What you want
Soulwax, à Gand Collaboration avec le duo
Oscar Sheller, à New York Collaboration
Elvira et Oscar Holter, studios de Max Martin, en Suède Composition du titre Au revoir

New York et la maturation, marques du son

L’énergie de New York et l’enregistrement aux studios Electric Lady ont fortement marqué l’identité du disque, et influencé le climat de titres comme Une seule vie.

Selon Tristan Salvati, cette longue maturation a permis de bâtir l’album sans rôles prédéfinis. Il explique que passer du temps avec des titres déjà expérimentés par Angèle a permis de s’affranchir de certains codes, de prendre des risques et de laisser la musique « être reine » à certains endroits. Le résultat : des morceaux aux formats étirés, tantôt très produits, tantôt dépouillés, avec des contrastes assumés.

Photo : RDNE Stock project / Pexels