Les Diables de Ken Russell ressortent restaurés, cinquante-cinq ans après un film interdit aux moins de 16 ans
Interdit aux moins de 16 ans à sa sortie en 1971, le film adapté d’Aldous Huxley, avec Vanessa Redgrave et Oliver Reed, revient sur grand écran le 28 octobre.
En bref
- Ressortie en salles le 28 octobre d’un film sorti en 1971, présenté en version restaurée.
- Le récit s’inspire du livre d’Aldous Huxley sur les événements de Loudun, vers 1630.
- Le texte de Huxley a aussi donné une pièce, un opéra et le scénario signé Ken Russell.
Le 28 octobre, Les Diables de Ken Russell retrouve les salles dans une version restaurée. Sorti en 1971, le film avait alors été interdit aux moins de 16 ans, et il avait fait scandale, comme le rappelle ActuaLitté.
À l’affiche figurent Vanessa Redgrave, Oliver Reed et Michael Gothard. Le scénario porte la signature de Ken Russell lui-même, qui a travaillé à partir d’un livre et d’une pièce de théâtre. Cette ressortie place de nouveau devant le public un film dont la réception houleuse reste attachée à son nom depuis la fin de l’interdiction aux plus jeunes, et qui est aujourd’hui présenté dans une copie restaurée.
Aux origines : Loudun, Huxley et Richelieu
Le film repose sur Les Diables de Loudun, d’Aldous Huxley. Ce livre évoque une persécution de prétendues sorcières, qui remonte au XVIIe siècle et s’est déroulée dans l’enceinte du couvent des Ursulines. Dans son édition originale, intitulée The Devils of Loudun, il est paru en 1952.
Huxley y relate des événements survenus autour de 1630 à Loudun, en France. Son style oscille entre le document et le roman. Il examine des cas présumés de possessions, et aussi les rapports de force qui opposent Urbain Grandier, prêtre soupçonné de sorcellerie, au cardinal Richelieu.
Pour écrire son scénario, Ken Russell s’est servi à la fois du livre de Huxley et de la pièce de John Whiting. L’histoire passe ainsi du récit historique à la scène, puis à l’écran, en trois temps successifs.
- Les faits de Loudun, autour du couvent des Ursulines.
- Parution de The Devils of Loudun en version originale.
- Sortie du film de Ken Russell, interdit aux moins de 16 ans.
- Retour en salles, en version restaurée.
Le récit de Huxley ne se limite pas à la chronique d’un couvent : selon ActuaLitté, l’écrivain britannique y mêle l’exactitude du document à la liberté du roman. Les ursulines de Loudun, dont les prétendues possessions forment le cœur de l’affaire, y côtoient un enjeu politique, puisque le prêtre Urbain Grandier, accusé de sorcellerie, se trouve pris dans les rivalités de pouvoir qui l’opposent au cardinal Richelieu.
Cette matière, située en France autour de 1630, a été relue par un auteur anglophone et publiée en version originale en 1952 sous le titre The Devils of Loudun. Ce même texte sert ensuite de socle à deux autres œuvres, la pièce de John Whiting et le scénario de Ken Russell, qui s’appuie sur ces deux sources à la fois.
Une œuvre qui a essaimé, et où la lire
Le livre de Huxley a laissé plusieurs traces dans la création. John Whiting en a tiré une pièce de théâtre, Krzysztof Penderecki y a trouvé la matière d’un opéra, et Ken Russell en a fait un film.
Les lecteurs francophones peuvent se tourner vers les éditions Tallandier, qui proposent le livre dans une traduction de Jules Castier. Ceux qui découvrent le film à l’occasion de cette ressortie ont ainsi la possibilité de remonter jusqu’au récit d’origine, publié en 1952, puis de comparer ce texte à la pièce de Whiting et au scénario que Ken Russell en a tiré.
Parmi les interprètes réunis par le film, Vanessa Redgrave, Oliver Reed et Michael Gothard forment la distribution citée pour cette ressortie, accompagnée d’un film qui avait déjà provoqué le scandale lors de sa sortie de 1971.
L’influence du livre ne s’est pas arrêtée au théâtre et au cinéma. D’après ActuaLitté, le compositeur polonais Krzysztof Penderecki en a nourri un opéra, ce qui fait de l’histoire de Loudun un sujet repris par des arts très différents : la littérature, la scène dramatique, la musique lyrique et l’écran.
Côté édition, la traduction française de Jules Castier, parue chez Tallandier, permet de lire Huxley sans passer par l’anglais. Le film, lui, est présenté dans une version restaurée, ce qui le replace dans les salles plus d’un demi-siècle après son passage initial en 1971.
Photo : Sami TÜRK / Pexels