Une biographie de Vénus Khoury-Ghata lit son écriture à travers l’exil et la mémoire

Amie de la poétesse depuis des décennies, Carmen Boustani s’appuie sur des entretiens, des textes et les lieux d’une vie, du Liban natal à l’exil parisien.

Noé Bachelet Par Noé Bachelet
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Une biographie de Vénus Khoury-Ghata lit son écriture à travers l’exil et la mémoire
Un livre ouvert et une machine à écrire pour évoquer l’écriture littéraire et le travail poétique.

En bref

  • Une biographie de la poétesse libanaise sort en novembre 2026 aux éditions des femmes-Antoinette Fouque.
  • Elle suit l’itinéraire de l’écrivaine, de l’enfance libanaise au départ pour la France.
  • L’autrice, amie de la poétesse, lit aussi son écriture à travers la mémoire, l’absence et le féminin.

Le titre choisi par Carmen Boustani, Vénus Khoury-Ghata et la magie des mots, annonce clairement son sujet. D’après ActuaLitté, ce livre sortira le 26 novembre 2026 chez les éditions des femmes-Antoinette Fouque, qui en diffusent déjà un extrait. Il s’adresse à l’œuvre d’une écrivaine libanaise distinguée à plusieurs reprises en France.

Un livre qui suit l’écrivaine de l’enfance à l’exil

L’ouvrage retrace le chemin de Vénus Khoury-Ghata, depuis ses premières années au Liban jusqu’à son installation en France, et s’arrête sur les particularités de son œuvre. Des photographies l’accompagnent. Loin de se limiter à une succession d’étapes, il rapproche l’histoire personnelle de la poétesse et sa façon d’écrire.

La publication relève de la rubrique des avant-parutions d’ActuaLitté, qui l’a mise en ligne le 26 octobre 2026, soit un mois exactement avant la date prévue en librairie. Le texte y est signé par Lina Tinel-Sebie. L’éditeur, les éditions des femmes-Antoinette Fouque, avait déjà fait paraître la précédente biographie de la même autrice, ce qui place ce nouveau titre dans une continuité de catalogue.

Becharré, le frère interné, le départ pour la France

Le récit commence par une enfance au Liban, où les paysages de Becharré côtoient la brutalité d’un père autoritaire. Carmen Boustani évoque ensuite le sort du frère de la poétesse, poète lui aussi, qui fut interné. Elle aborde enfin le départ de la jeune femme vers la France, là où se forge une identité tiraillée entre deux langues et deux cultures.

Vue panoramique d’un village de montagne entouré de collines boisées sous un ciel chargé de nuages.
Village niché au creux d’un paysage montagneux et boisé, sous un ciel parsemé de nuages. Photo : Emrecan Dora / Pexels
  1. Les paysages de Becharré et un père autoritaire.
  2. Le frère poète, interné, dont l’autrice suit le destin.
  3. L’exil en France et une identité partagée entre deux langues.

Ce trajet s’inscrit dans l’histoire du Liban au XXe siècle, depuis le mandat français jusqu’à la guerre. Selon l’article, l’autrice montre ainsi comment les événements intimes et collectifs nourrissent l’œuvre de la poétesse.

Une écriture de voix multiples

Le livre analyse parallèlement la manière d’écrire de Vénus Khoury-Ghata : les voix s’y fragmentent, le « je » devient polyphonique, et la mémoire, l’absence comme le féminin y tiennent une place particulière. L’ouvrage ne se borne pas à la chronologie : il relie ces traits d’écriture au vécu de l’écrivaine.

Selon ActuaLitté, Carmen Boustani rattache cette manière d’écrire à des événements à la fois privés et collectifs : la violence familiale, l’internement du frère, l’exil, mais aussi les bouleversements traversés par le Liban, du mandat français à la guerre. L’œuvre de la poétesse apparaît ainsi, dans cette lecture, comme le point de rencontre d’une mémoire intime et d’une histoire nationale.

L’amitié comme point d’appui

Venues du même pays, les deux femmes sont demeurées amies pendant plusieurs décennies, et cette complicité alimente le récit de Carmen Boustani. Pour l’écrire, celle-ci s’est servie d’entretiens, d’une lecture attentive des textes et de sa familiarité avec les endroits qui ont compté dans l’existence de la poétesse.

Qui est Carmen Boustani

  • Elle est née à Zahlé, au Liban, et enseigne comme professeure des universités ; franco-libanaise, elle écrit en français et pratique le roman comme l’essai.
  • Les Palmes académiques lui ont été remises en 2006, puis la Médaille d’honneur des écrivains de langue française en 2011.
  • En 2012, à l’occasion de son jubilé d’or, le CNRS lui a attribué sa Médaille d’or ainsi qu’un prix d’excellence.
  • Sa biographie précédente, consacrée à May Ziadé et intitulée La passion d’écrire, parue en 2025 chez le même éditeur, a reçu le Prix Méditerranée Essai.

Photo : Wallace Chuck / Pexels