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Upcycling : faire du vêtement existant une matière de création

De Salon-de-Provence à Accra, des ateliers et des défilés montrent l'upcycling comme une pratique de transformation, d'apprentissage et de création à partir de textiles déjà en circulation.

Upcycling : faire du vêtement existant une matière de création
A fashion designer sewing with a vintage machine in a textile studio. Cette photographie accompagne l’article « Upcycling : faire du vêtement existant une matière de création ».

Un vêtement déjà porté arrive avec sa coupe, sa matière et ses contraintes. L’upcycling consiste à transformer ce textile existant en une pièce dont la valeur esthétique ou fonctionnelle change. Les initiatives observées à Salon-de-Provence, Besançon, Montpellier et Accra montrent que ce geste peut prendre la forme d’un concours, d’un apprentissage collectif ou d’un travail de création lié à la circulation mondiale des vêtements de seconde main.

En bref

  • À Salon-de-Provence, un concours propose à des 12 à 22 ans de transformer dix pièces de seconde main.
  • La Fashion Loop a associé couture, mannequinat, scénographie et ateliers autour de vêtements collectés puis transformés.
  • À Accra, des créateurs formés par la fondation Or travaillent des vêtements usagés et des déchets textiles.

Voir le potentiel avant de couper

À Salon-de-Provence, la boutique Mom’s Vintage a lancé un concours d’upcycling destiné aux 12 à 22 ans. Selon La Provence, dix pièces de seconde main devaient être remises aux participantes et participants afin d’être sublimées par la transformation.

La sélection disait déjà quelque chose de l’exercice : jean patte d’éléphant, sweat jaune, veste de costume à col châle, chemise de nuit vaporeuse, mais aussi chaussures, cravate ou chapeau. Chaque objet impose une forme de départ. Une transformation ne part donc pas d’un vêtement abstrait, mais de ce qui est disponible, de son volume, de son état et de la place que l’on souhaite lui donner.

À Montpellier, Actu.fr rappelle cette définition : l’upcycling transforme directement un vêtement ou un textile existant en produit de valeur esthétique ou fonctionnelle supérieure. L’article donne des exemples concrets, comme un jean devenu sac ou une nappe ancienne transformée en chemise. La pratique se distingue ainsi d’un simple don ou d’une revente, car elle repose sur une intervention sur la matière.

Crop craftswoman in casual wear sitting at old fashioned sewing machine and stitching pieces of fabric while working in workshop
À Accra, une formation accompagne des créateurs qui travaillent des vêtements usagés et des textiles récupérés. Source: Pexels. Attribution: Andrea Piacquadio. Licence: Pexels License.

Apprendre à plusieurs, présenter ensemble

Le défilé étudiant La Fashion Loop, à Besançon, donne une autre échelle à cette transformation. Les tenues étaient réalisées à partir de vêtements de seconde main, collectés notamment via la Ressourcerie des campus, puis retravaillés par les étudiants. L’événement était porté par le Crous Bourgogne-Franche-Comté, l’Université Marie et Louis Pasteur et plusieurs lycées.

D’après maCommune.info, le projet s’est déroulé sur une année. Dix étudiants couturiers concevaient les tenues, treize étudiants mannequins participaient au défilé, et plus de vingt étudiants en DN MADE prenaient en charge la scénographie, le graphisme et la lumière. Trente-cinq ateliers de couture ont aussi été organisés dans l’atelier DIY du lieu de vie étudiante.

Cette organisation évite de réduire l’upcycling à une pièce finale. Elle associe conception, couture, décor, lumière, mise en scène et régie. Les participants étaient accompagnés par une costumière professionnelle et le projet visait également à sensibiliser aux enjeux environnementaux, sociaux et culturels de l’industrie textile. Pour prolonger ce regard sur les pratiques créatives, la rubrique création de so young rassemble d’autres récits où les idées prennent forme par les gestes.

À Accra, une réponse située à un flux textile

Au Ghana, l’upcycling s’inscrit dans un contexte beaucoup plus vaste. RFI décrit un pays qui reçoit chaque semaine des dizaines de millions de vêtements de seconde main depuis le Nord global. Une partie finit dans des décharges à ciel ouvert faute d’infrastructures adéquates.

Close-up of hands working with fabric in a sewing workshop, surrounded by spools and machinery.
À Accra, une formation accompagne des créateurs qui travaillent des vêtements usagés et des textiles récupérés. Source: Pexels. Attribution: ojik burenk. Licence: Pexels License.

Dans l’atelier de la fondation Or à Accra, une vingtaine de créateurs participaient à une formation. Mike Daakye Baah travaillait alors sur une veste de costume marron trouvée au marché de Kantamanto, à laquelle il souhaitait ajouter une base de rideau récupérée. Il assemblait déjà des vêtements usagés et des déchets textiles, mais explique avoir récemment identifié cette pratique comme de l’upcycling grâce à la formation.

La fondation Or est installée au Ghana depuis 2011, aide les travailleurs de Kantamanto et forme des upcyclers depuis trois ans, selon le reportage. La formation y est présentée comme technique, créative et écologique. Elle ne fait pas disparaître à elle seule le problème des déchets textiles, mais elle ouvre une possibilité de transformation pour des matières vouées à être jetées.

Une pratique qui demande du temps

Dans ces quatre exemples, le point commun n’est pas un style précis. C’est le temps consacré à regarder, choisir, assembler et tester. Les pièces proposées à Salon-de-Provence, les ateliers de Besançon, les cours de couture mentionnés à Montpellier et la formation d’Accra reposent tous sur des savoir-faire et sur un accompagnement.

L’upcycling peut donner une nouvelle fonction à un textile, créer une pièce singulière ou nourrir une mise en scène collective. Il ne garantit pas, à lui seul, une réponse complète aux impacts de l’industrie textile. Les sources décrivent plutôt des initiatives concrètes qui préfèrent considérer le vêtement existant comme une matière à travailler avant de le traiter comme un déchet.

Photo à la une. Source: Pexels. Attribution: Yaroslav Shuraev. Licence: Pexels License.